Comment fonctionne l’assurance de prêt pendant un arrêt maladie ?
Achat de votre résidence principale ou investissement locatif, dès lors que vous effectuez un prêt immobilier se pose la question de l’assurance de votre crédit en cas de décès ou d’arrêt maladie. Bien qu’elle ne soit pas obligatoire, l’assurance décès/PTIA est systématiquement demandée aux emprunteurs pour les couvrir en cas d’accident de la vie.
Que se passe-t-il notamment en cas d’arrêt de travail ? Comment êtes-vous protégé en cas d’incapacité temporaire ou permanente ? Découvrez comment fonctionne l’assurance de prêt immobilier pendant un arrêt maladie.
Quelles sont les garanties couvertes par votre assurance de prêt ?
L’assurance de prêt est exigée par les établissements bancaires afin de garantir le remboursement des sommes prêtées, surtout si votre projet immobilier concerne votre résidence principale ou secondaire.
En principe, elle couvre uniquement le décès et la PTIA (perte totale et irréversible d’autonomie). Il est néanmoins possible de souscrire des garanties complémentaires pour assurer la prise en charge d’un arrêt maladie.
L’assurance de prêt couvre-t-elle l’arrêt maladie ?
L’assurance de votre prêt immobilier intervient lorsque vous ne pouvez plus assurer le remboursement de votre quote-part des mensualités de votre crédit.
Mais, cette dernière ne couvre pas toutes les situations. En effet, dans sa forme basique, l’assurance emprunteur se contente de couvrir les cas de décès et la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA).
Autrement dit, sauf à avoir souscrit des garanties complémentaires (ITT principalement, mais aussi IPP et IPT), vous n'êtes pas couvert en cas d’arrêt maladie.
L’incapacité de travail temporaire (ITT), la garantie permettant de couvrir les arrêts de travail temporaire
Comme son nom l’indique, la garantie ITT vous permet de voir vos mensualités prises en charge par votre assureur dans le cadre d’un arrêt de travail causé par une maladie ou un accident. L’emprunteur bénéficie donc d’une prise en charge jusqu’à ce qu’il reprenne le travail. Toutefois, pour que cette garantie puisse être actionnée, l’incapacité doit être totale et non partielle.
L’ITT est donc la garantie indispensable pour vous couvrir en cas d’arrêt maladie.
Bon à savoir : La grossesse et le congé maternité ne sont pas concernés par la garantie ITT, à l’exception parfois des grossesses pathologiques induisant un arrêt de travail très prématuré.
L’invalidité permanente partielle (IPP)
La garantie IPP correspond à la première catégorie de la sécurité sociale, c’est-à-dire un taux d’incapacité situé entre 33 % et 66 %. Il s’agit d’une invalidité qui vous empêche d’exercer votre activité professionnelle et/ou vous oblige à vous reconvertir.
L’assureur peut alors prendre le relais du remboursement partiel ou total de vos mensualités, mais ne permet pas de déclencher le remboursement de votre capital restant dû.
L’invalidité permanente totale (IPT)
L’invalidité permanente totale correspond à la 2e catégorie d’invalidité de la Sécurité Sociale. L’emprunteur est dans l’incapacité morale ou physique d’exercer une quelconque activité rémunératrice. La garantie IPT est actionnée quand le taux d’invalidité est compris entre 66 % et 99,9 %.
Les exclusions de garantie pour certaines causes d’arrêt maladie
Certaines pathologies sont exclues d’emblée du dispositif de garantie. C’est le cas notamment des maladies psychiatriques ou concernant le dos.
Ainsi, votre prêt immobilier ne sera pas pris en charge en cas d’arrêt maladie pour dépression ou douleurs dorsales, même invalidantes. Il est toutefois possible de racheter un motif d’exclusion via une surprime afin de bénéficier tout de même d’une prise en charge.
Comment fonctionne le remboursement du prêt immobilier pendant un arrêt maladie ?
Entre franchise et durée de l’arrêt maladie, la prise en charge de votre arrêt de travail varie. En effet, la garantie ITT n’est pas immédiate et ne se déclenche pas dès le premier jour de votre arrêt.
Une franchise souvent incontournable pour la garantie ITT
La franchise de la garantie ITT est quasiment toujours prévue par les contrats d’assurance emprunteur. En général, elle s’élève à :
-
90 jours pour les salariés ;
-
15 à 60 jours pour les professions libérales et les indépendants ;
-
180 jours pour les salariés bénéficiant déjà d’une couverture complémentaire.
La prise en charge de votre prêt immobilier en cas d’arrêt maladie n’intervient donc que pour ceux dont la durée de ce dernier est supérieure à 3 mois. Soyez donc vigilant lors de la signature de votre contrat à la durée de la franchise afin que celle-ci corresponde à vos besoins.
Plus le délai de franchise est élevé, moins l’assurance emprunteur sera en principe coûteuse. Pour rappel, depuis la loi Lagarde de 2010, vous pouvez opter pour l’assurance de votre banque (assurance groupe) ou pour une délégation d’assurance. Vous avez même la possibilité d’en changer en cours de prêt grâce à la loi Hamon/Bourquin.
Lire aussi : Comment renégocier son assurance emprunteur ?
Remarque : Pour que la prise en charge de votre prêt immobilier par votre assureur fonctionne en cas d’arrêt maladie, vous devez remplir avec précaution et honnêteté le questionnaire santé.
En effet, dissimuler des informations telles qu’une dépression, un cancer ou une longue maladie antérieurs lors de votre demande de prêt vous expose à un refus de prise en charge en cas d’arrêt de travail (article L113-8 du code des assurances).
Les modalités de remboursement du prêt en fonction du type d’indemnisation
La prise en charge du remboursement du prêt immobilier en cas d’arrêt maladie dépend du mode d’indemnisation prévu par l’assurance emprunteur :
-
Indemnisation forfaitaire : L’assureur prend en charge 100 % ou un pourcentage défini de la mensualité du prêt, indépendamment des autres revenus de l’emprunteur.
-
Indemnisation indemnitaire : L’assureur compense uniquement la perte de revenus, en prenant en compte les indemnités versées par la Sécurité Sociale et éventuellement par un organisme de prévoyance.
Un arrêt maladie de longue durée peut-il entraîner le remboursement total du prêt ?
Le remboursement du capital restant dû est possible pour les cas d’invalidité permanente totale (IPT) ou de perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA).
En cas d’arrêt maladie longue durée, ce sera la garantie ITT qu’il faudra actionner. Cette dernière ne prévoit pas de cas de remboursement du capital restant dû, même en cas d’arrêt maladie longue durée.
Ceci étant, la prise en charge des mensualités de remboursement du prêt s'étale en principe sur toute la durée de l’arrêt maladie, sauf exceptions ou clauses contraires. C’est ce que nous allons voir !
La fin de la prise en charge de l’assurance emprunteur
La prise en charge de votre crédit immobilier en arrêt maladie se termine en théorie à la fin de votre arrêt de travail. Elle peut toutefois se poursuivre partiellement en cas de reprise en mi-temps thérapeutique.
Ceci étant, la prise en charge peut également s’arrêter dans deux cas :
-
Si votre assureur réclame un examen médical qui atteste que votre état ne relève pas de l’incapacité physique à assurer votre activité professionnelle ;
-
S’il s’avère que l’emprunteur n’exerçait pas d’activité professionnelle au moment de la survenue de la maladie ou de l’accident et qu’il n’observe pas un repos l’empêchant de vaquer à ses activités quotidiennes.
Enfin, assurance arrêt maladie et prêt immobilier ne cohabitent plus dès lors que l’emprunteur est à la retraite.
Dans tous les cas, la durée de prise en charge ne peut excéder 1 095 jours. Au-delà, c’est une prise en charge pour invalidité permanente (garantie IPP ou IPT) qui pourra être mise en place si votre état le nécessite.
Exemple chiffré des modalités de remboursement du prêt en cas d’arrêt maladie
Pour être sur que vous avez bien compris la mécanique de remboursement du prêt immobilier en cas d’arrêt maladie, prenons l’exemple d’un emprunteur ayant souscrit un prêt immobilier avec les caractéristiques suivantes :
-
Montant du prêt : 200 000 €
-
Durée du prêt : 20 ans
-
Taux d’intérêt : 1,5 %
-
Mensualité du prêt : 965 €
-
Revenu net avant arrêt maladie : 3 000 €
-
Indemnités journalières de la Sécurité Sociale : 50 % du salaire brut (soit environ 1 500 € nets par mois)
-
Prévoyance complémentaire de l’employeur : 500 € nets par mois
-
Type d’assurance emprunteur souscrite : garantie ITT
Pour rappel, il existe deux modes d'indemnisation de l'arrêt maladie selon le contrat d’assurance souscrit : l'indemnisation forfaitaire et l'indemnisation indemnitaire.
Indemnisation forfaitaire
L’assureur rembourse un pourcentage fixe de la mensualité du prêt, indépendamment des revenus de l’emprunteur.
-
Si l’assurance couvre 100 % de la mensualité, alors l’assureur verse 965 € par mois directement à la banque.
-
Si l’assurance ne couvre que 50 % de la mensualité, l’assureur verse 482,50 €, et l’emprunteur doit compléter le reste avec ses autres revenus.
Dans ce cas, l’emprunteur n’a pas à se soucier de la variation de ses revenus car le remboursement est fixe.
Indemnisation indemnitaire
Dans ce cas, l’assureur compense uniquement la perte de revenus.
Revenus avant arrêt : 3 000 €
Revenus après arrêt : 1 500 € (Sécurité Sociale) + 500 € (prévoyance) = 2 000 €
Perte de revenus : 3 000 € - 2 000 € = 1 000 €
Si l’assurance prévoit un remboursement indemnitaire, elle prendra en charge uniquement 1 000 €, ce qui couvre la mensualité de 965 € en totalité. Toutefois, si la perte de revenus était plus faible (ex. 700 €), l’assurance ne remboursera que cette somme, même si la mensualité est plus élevée.
En conclusion :
-
Avec l’indemnisation forfaitaire, l’emprunteur sait à l’avance combien l’assureur remboursera chaque mois.
-
Avec l’indemnisation indemnitaire, l’aide varie en fonction des revenus perçus pendant l’arrêt maladie. Cette formule peut être moins avantageuse si la perte de revenus n’est pas importante.
Ainsi, il est essentiel de bien vérifier le type d’indemnisation prévu dans son contrat d’assurance emprunteur pour éviter toute mauvaise surprise en cas d’arrêt de travail prolongé.
Comment demander une prise en charge de votre prêt immobilier à votre assureur ?
Vous êtes en arrêt de travail depuis plusieurs mois ? C’est le moment de faire fonctionner l’assurance de votre crédit immobilier. Pour cela, vous devez contacter votre compagnie d’assurance dans les délais prévus par votre contrat, et envoyer les preuves de votre incapacité.
Les documents à envoyer
Afin de bénéficier de la garantie arrêt de travail de votre prêt immobilier, vous devez fournir un dossier à votre assureur contenant :
-
La copie de l’arrêt de travail et ses éventuelles prolongations ;
-
Les différents résultats d’examens ou compte-rendus d’hospitalisation si nécessaire ;
-
Les pièces justificatives en cas d’accident ;
-
Le formulaire « Incapacité temporaire et totale de travail » ;
-
Le relevé des indemnités journalières versées par la Sécurité Sociale ;
-
Le tableau d’amortissement de votre crédit immobilier ;
-
Et tout autre document permettant d’apprécier votre état.
Démarches pour activer la prise en charge
Si vous êtes en arrêt maladie et que votre assurance emprunteur prévoit une couverture, vous devez :
-
Informer votre assureur dans les délais prévus par le contrat.
-
Fournir les justificatifs demandés (arrêt de travail, rapports médicaux, relevé des indemnités perçues, etc.).
-
Suivre les éventuelles demandes de contrôle médical exigées par l’assureur.
En cas de litige ou de refus de prise en charge, vous pouvez faire appel à un médiateur ou à un courtier en assurance emprunteur pour trouver une solution adaptée à votre situation.
Comment optimiser son contrat d’assurance emprunteur pour mieux se protéger en cas d’arrêt maladie ?
Pour éviter toute mauvaise surprise en cas d’arrêt maladie, il est essentiel de bien choisir son contrat d’assurance emprunteur. Voici quelques conseils pour optimiser votre couverture :
-
Vérifier les garanties incluses : Assurez-vous que l’ITT (Incapacité Temporaire de Travail) est bien couverte dans votre contrat et que les conditions de prise en charge sont adaptées à votre profil.
-
Comparer les délais de franchise : Plus le délai de franchise est court, plus vite votre prêt sera pris en charge. Un courtier peut vous aider à négocier une franchise adaptée à vos besoins.
-
Éviter les exclusions de garanties : Certaines pathologies, comme les troubles psychologiques ou les problèmes de dos, peuvent être exclues de la prise en charge. Vérifiez si des options de rachat d’exclusion sont disponibles.
-
Opter pour une assurance déléguée : Depuis la loi Lagarde, vous pouvez souscrire une assurance externe à la banque, souvent plus avantageuse en termes de garanties et de coûts.
Bon à savoir : Avec la Loi Lemoine vous pouvez changer d’assurance emprunteur à tout moment ! Votre courtier Helloprêt peut négocier pour vous la meilleure assurance emprunteur adaptée à vos besoins à un taux plus favorable !
Est-il possible d’obtenir un prêt immobilier en arrêt maladie ?
Être en arrêt maladie ou présenter un risque de santé important peut sembler être une contre-indication pour obtenir un prêt immobilier. Heureusement, il n’en est rien ! En effet, côté banque, si vous présentez les garanties nécessaires, il n’y a aucune raison que votre demande de crédit soit refusée. En revanche, c’est l’assurance décès-invalidité qui va poser problème, les compagnies d’assurance étant très frileuses à l’idée d’assurer une personne déjà en arrêt.
Sachez toutefois que votre demande n’est absolument pas compromise. Ainsi, vous pourrez contracter une assurance décès dans un premier temps, puis éventuellement souscrire à l’assurance invalidité au cours du remboursement de votre prêt lorsque vous ne serez plus en arrêt maladie.
De plus, la convention AERAS, en place depuis 2007, permet aux personnes les plus fragiles d’accéder plus facilement aux prêts immobiliers, crédits à la consommation ou prêts professionnels. Elle concerne les personnes présentant ou ayant présenté une maladie avec un risque aggravé tels que le diabète, l’hypertension ou le cancer. Le capital emprunté ne peut alors excéder 300 000 euros et l’emprunteur ne peut avoir plus de 70 ans. La convention AERAS entraîne généralement une surprime, conséquence de la prise de risque supplémentaire de la part de la compagnie d’assurance.
Enfin, si vous empruntez à deux, vous pouvez tout à fait assurer à 100 % votre co-emprunteur s’il n’est pas en arrêt maladie.
Que vous soyez en arrêt maladie pour quelques mois ou plusieurs années, une prise en charge de votre prêt immobilier est possible ! N’hésitez pas à comparer les différentes options et couverture proposées par les compagnies d’assurance pour choisir celle qui convient le mieux à votre situation personnelle et professionnelle. Un courtier Helloprêt peut vous accompagner pour trouver la meilleure assurance emprunteur pour vous !